Le dossier d’attribution d’une quatrième licence de téléphonie mobile ne cesse de rebondir. Alors que l’on pensait que Free arriverait enfin à la décrocher, l’Elysée aurait décidé d’abandonner la procédure d’attribution ! Rappelons que cette histoire traîne car dans un premier temps, l’Arcep, le régulateur des télécoms avait refusé le dossier de Free qui était le seul candidat mais qui ne respectait pas les critères de qualification en demandant un assouplissement des conditions, notamment un paiement annuel échelonné de la redevance. En février, le Conseil d’Etat a rendu en février un avis favorable à l’étalement du paiement et on pensait donc que Free parviendrait à décorcher cette licence.
Cette quatrième licence aurait fait émerger un nouveau concurrent face aux trois opérateurs historiques: Orange, SFR et Bouygues Telecom. On imagine que chez ces derniers on voyait d’un très mauvais oeil l’entrée d’un nouveau concurrent, d’autant qu’ils craignent que Free ne fasse comme avec l’accès internet avec des tarifs bas et beaucoup d’innovations. Pas très bon dans un marché où les trois opérateurs ont déjà été condamnés pour entente.
Cette décision de l’Elysée semble absurde à la fois pour les finances publiques (le prix de la licence est fixé à 619 millions d’euros) et surtout pour le dynamisme du marché et la concurrence et donc les prix et les services pour le consommateur. Selon une source proche du gouvernement, qui serait un haut responsable cité par Dow Jones Newswire, le modèle économique entraîné par l’entrée d’un quatrième concurrent ne serait pas fiable économiquement : «Dans tous les pays où il y a une quatrième licence, cela ne fonctionne pas, le modèle de revenus n’est pas valable.»
Selon les consommateurs, ce revirement ressemble une fois de plus à un cadeau. D’ailleurs les actions des trois opérateurs ont connu une hausse suite à ces rumeurs d’abandon. Le pouvoir d’achat des consommateurs n’est que secondaire…
