Décidément les impôts sont au coeur des débats ou plutôt des polémiques. Celle sur la SCI du couple Hollande Royal et carrément risible. Ce qui est assez incroyable c’est qu’entre cette affaire et celle de notre rockeur belgo-helvetico-français on nous parle de ce fameux ISF comme le symbole du trop d’impôts en France.
Rappelons que cet impôt est dû par les personnes physiques domiciliées en France dont le patrimoine privé excède 760.000 euros. Ce seuil, indexé sur lâ??inflation, est réactualisé tous les ans. En 2004, 335.525 foyers fiscaux étaient assujettis à lâ??ISF, contre 299.656 en 2003, et 285.500 en 2002. L’augmentation de l’immobilier explique sûrement en partie ce phénomène mais pas seulement.
Je ne doute pas que la question soit importante mais soyons sérieux quelques instants. Les français qui voteront dans 95 jours sont eux touchés par d’autres impôts : impôts sur le revenu pour la moitié des foyers, taxes sur le pétrole… et TVA.
De toutes, c’est bien entendu la TVA qui est la plus inégalitaire car elle touche tout le monde sans faire de distinction. Bien qu’égale pour tout le monde, un rapide calcul pourrait prouver que le pourcentage de TVA payé est plus important pour les moins bien lotis qui dépensent quasiment tout leur budget dans la consommation de biens nécessaires à la vie quotidienne.
A titre d’exemple, une étude de l’NRA montrait que l’alimentation occupe une position spécifique chez les ménages défavorisés par son importance dans le budget total : 22% pour les ménages en-dessous du seuil monétaire de pauvreté (732 euros mensuels par ménage en 2000), 24% pour les ménages dans lesquels le niveau d’études est inférieur au Certificat d’études primaires contre 18% en moyenne nationale.
Il me semble donc qu’il serait plus intéressant de s’intéresser à cette fameuse TVA. Il serait urgent de la baisser voir de la supprimer sur tous les produits de première nécessité, quitte à l’augmenter sur les autres. Ce serait plus équitable, car il faut déjà avoir réussi à assumer les besoins de première nécessité pour pouvoir se payer des biens de consommation. Mesure qui serait forcément impopulaire dans l’électorat plus aisé, celui qui consomme.
Au passage, la fameuse étude de l’INRA permet de constater qu’une baisse d’impôt dans la restauration profiterait toujours aux mêmes car la part du budget consacrée aux repas à l’extérieur croît avec le revenu : 16% pour les ménages les plus pauvres versus 30% pour les plus riches. La croissance de la consommation de repas à l’extérieur suit également le niveau de diplôme : les moins diplômés dépensent une part faible de leur budget alimentaire dans les services de restauration (moins de 8%), alors que les plus diplômés y consacrent près du tiers de leur consommation alimentaire.
Le problème avec la TVA c’est que finalement on rentre dans des discussions techniques et que les candidats vont éviter de se lancer dans de tels sujets sous prétexte que ça ennuie les français et qu’ils n’y comprennent rien. Alors ils vont continuer pendant quelques temps à jouer aux cons-municants, dommage…
Tags : Politique

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Lightman 01.18.07 at 9:01
D’accord avec toi sur la TVA, mais les produits dits de première nécessité bénéficient déjà d’une TVA à 5,5% (au lieu de 19,6%)… Pour la supprimer, cela ne peut que se faire au niveau européen, et je ne crois pas qu’ailleurs il y ait des TVA nulle pour certains produits (mais je peux me tromper).
Enfin, psychologiquement la TVA est “indolore”, ce qui est important pour un politique. Comparativement à l’impôt sur le revenu (encore que s’il était prélevé à la source il seriat plus indolore) et l’ISF (qui ne taxe pas les revenus, mais le patrimoine des plus riches).
bertrand 01.18.07 at 9:58
Maintenant je suis d’accord avec toi sur le côté indolore. Il faudra aussi voir ce qui se cache derrière des phrases de programme comme “taxer la consommation et non les revenus”. J’espère seulement que l’on ne restera pas sur des débats assez stériles pour l’instant
julito 03.27.07 at 8:02
La TVA est effectivement importante, mais indolore en France car les gens ne voient pas véritablement ce qu’ils paient. Aux Etats-Unis, elle n’est payée qu’en caisse, les articles étant présentés en “hors taxe”. Ce qui veux dire que le consommateur se rend compte de son poids à chaque achat et est donc plus susceptible de la remettre en cause si elle est trop forte (comme dans certains états). Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu va dans ce sens de l’Ã?tatà prétendre une simplification de l’impôt pour en fait le rendre moins visible, donc moins douloureux et donc moins contestable.
Quant à l’ISF, ce qui me choque le plus dans cet impôt, c’est que c’est le seul à taxer du virtuel. En effet, la valorisation d’un patrimoine est purement formelle et un bien immoblier par exemple, ne voit sa valeur virtuelle (ou évaluée) ne devenir réelle qu’à la vente du bien. Avant, c’est de l’argent qu’on n’a pas. Idem pour les autres composantes du patrimoine. Je trouve cela choquant que, ne sachant plus où pomper de l’argent avec leurs dizaines d’autres impôts et taxes variées, nos gouvernants aient rajouté la taxation de la richesse virtuelle (ou potentielle, ou évaluée, enfin bref qui n’est pas réelle ni tangible).